
Pièce métallique en âme
Faisant fi de réticences ancrées dans l’inconscient collectif, le bois commence à être retenu pour la construction d’immeubles de plusieurs étages en centre ville. Des exemples à Berlin ( projet « E3 » ) et à Londres (projet « Stadthaus »), démontrent que le matériau est désormais capable de concurrencer lessystèmes constructifs traditionnels en matière de statistique, de rapidité et de coût.
Mais pourquoi ce mode d’architecture audacieuse n’est-elle pas universelle?
Dans un premier temps nous nous apercevrons que le système constructif en bois répond aux attentes de délais courts. Puis, nous remarquerons que cette avancée en matière de construction permet d’atteindre de nouvelles hauteurs tout en faisant preuve d’une grande sécurité. Enfin, nous verrons que les matériaux concurrents du bois sont encore nombreux et qu’il ne s’agit plus que d’une décision des entreprises.
Le système à ossature bois est sûrement le plus répandu en France. Accessible aux petites entreprises, il se contente de dispositif de levage légers et se prête bien à des chantiers difficiles d’accès. Cependant ce pays reste encore timide, la construction bois en hauteur commence à se développer. Mais, dans les pays voisins, les panneaux en bois massif contrecollé commencent à lui faire concurrence: ce système industriel, avec des panneaux de grande portée, permet un degré de préfabrication plus important et une meilleure descente de charges, deux qualité idéales pour une construction en toute hauteur en coeur de ville. Par exemple, pour le projet E3, le montage du gros oeuvre, avec une pièce de fixation unique pour tous les assemblages, n’a duré que dix semaines. A Londres, la totalité du gros-oeuvre de « Stadthaus » a fait l’objet d’une préfabrication jusqu’à la découpe des portes et fenêtres. Trois ouvriers un contremaître ont suffi pour monter le bâtiment en neuf semaines. la grande précision apportée par la préfabrication des composants structurels a aussi facilité les travaux de second oeuvre. Le système repose exclusivement sur les panneaux de bois massif ( certains atteignent 13 mètres de long)

Poteau poutre en laméllé-collé
En Allemagne la législation autorise depuis 2005 la construction de bâtiments en bois jusqu’à 5 étages. E3 est le premier à dépasser ces limites avec un 6ème et dernier niveau à 19,40 mètres au dessus du sol. Sa réalisation a été permise grâce à un audacieux concept de protection incendie et à une mise au point en amont avec le bureau de contrôle. La première difficulté a été le passage de la classe de bâtiment 4 à la classe 5, inaccessible pour la construction en bois puisqu’elle repose sur des matériaux inflammables. Une réticence qui s’explique par des préjugés d’ordre culturel et économique ( tel que les incendies médiévaux ). Le problème est ici résolu avec les plaque de gypse-cellulose Fermacell qui freine l’échauffement et grâce auxquelles les parties porteuse ont vu leur résistance au feu de passer de 60 à 90 minutes. De plus, des détecteur de fumé dans chaque logement et des doublage au niveau des murs séparatifs limitent d’autant la propagation de l’incendie entre logement. En définitive, les contrôle effectués permettent de constater que les bâtiments sont aussi résistants au feu que des structures conventionnelles en béton ou en acier.

début travaux aout 2007, livraison mai 2008
En France, il existe plusieurs obstacles à la propagation de la filière bois dans le domaine de la grande hauteur dont la réglementation souvent défavorable, l’industrie des matériaux concurrents très organisés, l’offre insuffisamment structurée et manque de formation technique. Sur le plan économique, le choix du bois doit tenir compte d’un arbitrage entre plusieurs paramètres dont certaines de ses faiblesses peuvent être compensées par l’anticipation de l’organisation des dispositifs constructifs. Les entreprises devraient répondre à plusieurs pour faire face aux entreprises de béton et de maçonnerie. Elles doivent aussi améliorer leur expertise en logistique de gros chantier à l’image des grands groupes BTP. Au niveau européen, les bâtiments en bois de 4 à 6 étages deviennent très courant. D’un point de vue économique en 1992 déjà, le programme « logements locatifs en ossature bois » initié par le Land de Bavière avait permis d’atteindre un prix au mètre carré de 900 euros au lieu des 1500 euros habituels. Pour faire évoluer les possibilités, il faut préconiser par dessus tout la formation technique. En effet avant de se lancer, dans les hauteurs il faut maîtriser la base.

Logement, réalisé par l'agence d'architecte KADEN + KALINGBEIL


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